LA BATAILLE DE TALLER


enluminure du Beatus de Saint-Sever qui pourrait évoquer la bataille de Taller

Réalité ou légende ?

Qui, passant par Taller, se souvient de la bataille qui s'y est tenue ? Sûrement pas grand monde. Plus nombreux sont ceux qui n'en ont jamais entendu parler. Il est vrai que les témoins ont disparu depuis bien longtemps et que les comptes rendus sont inexistants. Seule la tradition, qui fait des landes de Taller le théâtre d'une importante bataille, s'est perpétuée chez quelques locaux ou érudits .

On peut , il est vrai, excuser les ignorants en précisant que cette bataille s 'est déroulée il y a maintenant plus de 1000 ans, puisque elle a opposé, vers 982, Guillaume Sanche, duc de Gascogne, aux envahisseurs Normands, et mettant ainsi fin à leur domination sur le pays (lequel était alors indépendant de l'autorité des derniers Carolingiens).


Mais d'où sort donc cette histoire ancienne?




D'abord des moines de Saint-Sever. En effet, selon le récit figurant dans leur Cartulaire, la fondation de leur abbaye résulterait d'une promesse faite par Guillaume Sanche à l'occasion de cette bataille, en reconnaissance de la protection du saint martyr. Il aurait fait voeu d'ériger un monastère sur le lieu de la chapelle primitive du tombeau du saint protecteur au cas de victoire contre les envahisseurs païens.

A tout le moins, la charte atteste la tenue d'une bataille, contre une troisième incursion des Normands, avant la fondation de l'abbaye de St-Sever en 988. Les historiens se sont à peu près accordés sur les années 981 ou 982, sans justification certaine, si bien que les érudits de la Société de Borda ont organisé à Dax, en septembre 1982, un colloque à l'occasion du millénaire de l'évènement.

La tenue dune bataille étant retenue, pourquoi donc la situer précisément à Taller plutôt qu'ailleurs ? La charte de Saint-Sever ne mentionne pas plus le lieu de Taller que la date.


Mais il se trouve que le cartulaire de Saint-Pierre de Condom (première moitié du XIe siècle) revendique la possession d'une relique vénérée, qui serait une croix prise lors de la bataille sur un chef ennemi nommé Airald, et offerte à l'abbaye. Et dans le récit des circonstances de la donation de cette croix , les copistes précisent que l'affrontement eut lieu dans une plaine appelée Talleras, ajoutant même que ce lieu isolé était encore jonché de plus d'ossements blanchis des nombreux combattants qui y avaient été tués que d'herbes verdoyantes.

Ce sont les deux seuls récits contemporains faisant allusion à cette bataille entre le duc et comte de Gascogne Guilhem-Sants et des Normands (Vikings ) commandés par un certain Aigrold ou Airald, et le lieu n’est nommé que dans le texte de Condom sans indice certain qu’il s’agit du Taller situé près de Castets dans les Landes.Et aucun texte normand n'y fait allusion.
Pierre Marca ,dans son Histoire du Béarn, en 1640 (livre III ch 7 et 8) , évoque bien la bataille mais n'indique pas le lieu. Arnaud Ohienard, dans l'Histoire des deux Vasconnies, indique que la rencontre eut lieu dans une lande rase ( rictis acis in planitie Talleyras dicta ) reprenant sans doute le Cartulaire de Condom qui précise que le combat s'engagea dans un lieu solitaire.

On a donc déduit qu'il s'agissait de Taller venant des graphies anciennes Taliare- Talleyras- Taleras- Taller-

A ce jour, aucune donnée ou vestige archéologique ne permet d’accréditer tout cela. D'autant que les récits originels des moines, copiés, compilés, augmentés , font également une part belle à la légende. Ainsi on peut lire que le saint martyr Saint Sever est miraculeusement apparu en armes sur un cheval blanc, comme, un siècle plus tôt, l'apôtre Saint-Jacques de Compostelle à la bataille de Clavijo au coté des chrétiens espagnols contre les Maures) . Aussi légendaire est le récit de la mort du chef Airald après qu’on lui eut retiré sa croix protectrice dont les pouvoirs se perpétuaient à Condom.



Malgré tout, la tradition serait confortée dans sa vraisemblance par l'établissement dans un quartier du village, d'un hôpital nommé Fosse-Guimbaud ou Guibaud, qui aurait été fondé par Guibaud, le frère de Guillaume Sanche, par ailleurs qualifié d'évêque de Gascogne. Cet hôpital aujourd'hui disparu, dont on trouve des vestiges au sud du ruisseau de l’Escourion, figurait encore au XVIIIe siècle comme halte sur la voie de Tours du chemin des pèlerins vers Compostelle( depuis Lesperon, vers Taller-Gourbera et Dax) . Cet hôpital , au lieu-dit Kyo, figure sur la carte de Cassini comme chapelle ruinée.On y enleva des pierres jusqu'en 1793.

Peut-être qu'en ce lieu furent enterrés les morts de la bataille, voire Gombaud lui-même qui semble mort à cette époque.Encore que le frère s'appelait Gombaut et l'hôpital nommé Guimbaud ... Mais bon !

Déjà que l'occupation effective des Landes par les Vikings fait débat, la tenue de la bataille à Taller soulève beaucoup d'interrogations. Cette période de l'histoire est ici bien obscure.

Pourtant il en est fait état, et en ce lieu, dans les guides des pèlerins dès le XIe siècle.


Une stèle ornée d'une coquille et de deux chevaliers a été édifiée en 2012 au bord du chemin de Compostelle
 à l'emplacement de l'hôpital disparu



A quand la découverte de sépultures ou traces de combattants dans l'immense massif forestier de Taller ? Les terribles tempêtes de 1999 et 2009 n'ont en tout cas rien exhumé de tel !



paysage aujourd'hui des landes de Taller, sur le chemin de Compostelle, près de Kio


Traduction française d'un extrait de l’acte de fondation de l’abbaye de St Sever :

« La nation impie des Normands ayant fait irruption dans les terres que je tiens de Dieu par droit héréditaire, je suis venu au tombeau du saint martyr Sever pour implorer sa protection contre ces barbares, promettant, s’il me rendait victorieux, de lui assujettir tout l’état soumis à ma domination, comme avait fait Adrien, roi du même pays, et m’engageant à construire au lieu d’une petite église que ce prince avait élevée en son honneur, un ample et magnifique monastère. Ayant, après ce vœu, livré bataille à cette troupe maudite, je vis paraître à la tête de la mienne le saint martyr, monté sur un cheval blanc et couvert d’armes brillantes, avec lesquelles il terrassa plusieurs milliers de ces méchants, et les envoya aux enfers. Parvenu au comble de mes souhaits par une dernière victoire, je m’empressai de m’acquitter de mon vœu… »

Extrait du cartulaire de Condom - compilé vers1380 :


cliquer pour agrandir

« Parmi eux se trouvait un très redoutable normand appelé Airald [= Harald] qui protégé par sa cuirasse et ses armes paraissait invulnérable : les traits le touchaient mais ne le blessaient pas. Enfin il fut fait prisonnier et, sous sa cuirasse, on vit pendre à son cou la croix du Seigneur, alors qu’il en était indigne. Sitôt qu’elle lui fut retirée, il mourut. Le comte [Guilhem-Sants] offrit alors ce bois porteur de vie à notre monastère [St-Pierre de Condom]. Depuis, il apporte le salut, car on a reconnu sa vertu contre l’incendie, la tempête, et, aspergé de vin, dans le rétablissement des malades. On nomme toujours cette croix du nom du guerrier qui la portait. Guilhem devint ainsi prince de la province… ».
La résidence de Guilaume Sanche était, selon Marca, le Palestrion de Saint-Sever où se tenaient les assemblées.
Gombaud, le frère, associé au gouvernement de la Gascogne dès 977,devint,une fois veuf, "évêque de Gascogne", notamment d' Aire et Dax, et semble mort en 982. Son fils Hugues fut le premier abbé de Condom.


sources à consulter :
BULLETIN DE LA SOCIETE DE BORDA-DAX-
BLANC (Charles), Allocution d’ouverture du colloque sur le millénaire de la bataille de Taller, 1983, 4e tr., p.541-542.
BOYRIE-FENIE (Bénédicte), Le toponyme « Taller »,
1983, 4e tr. p.567-571
LARREGUE (Josette), Le point sur les recherches de Taller (octobre 1981),
1982, 2e tr., p. 201-205
LARREGUE (Josette), La Fosse Guimbaud : une certitude,
1983, 4e tr., p.587-596 [Taller]
MUSSOT-GOULARD (Renée), La bataille de Taller,
1983, 4e tr., p.543-561
GAYON (Jean) La bataille de Taller bull Mémoire du Marensin n°12 2001 p 152-153



une autre version de l'arrivée des Normands dans les Landes
- dessin d'Iturria - Sud-Ouest janvier 2013-

CRASSUS ET LES TARUSATES



Souvenons nous ! Ou plutôt, reportons nous au récit de César dans ses 
Commentaires sur la Guerre des Gaules (Livre III)

Donc nous sommes en 56 avant J.C. Jules César envoie son jeune lieutenant et légat, Crassus ( Publius Licinius Crassus) à la conquête de l'Aquitaine, dernière région insoumise . Venant de l'Anjou, ledit Crassus arrive sur place depuis l'Agenais, à la tête d'un corps expéditionnaire ( la sixième légion) de douze cohortes, soit à peu près 7000 légionnaires, renforcé d'auxiliaires gaulois recrutés dans les régions voisines, de vétérans de la Province romaine, venus de Toulouse et Narbonne, et de 1000 à 2000 cavaliers.

Cette armée parvient sur les terres des Sotiates. C est le seul peuple sur lequel les historiens semblent s''être accordés et le seul à avoir un roi et un oppidum situé à Sos en Albret (oppidum Sontiatum), entre Nérac et Saint-Justin. Ces Sotiates livrent un combat de cavalerie puis une bataile d'embuscade qui se soldent par des échecs. Contraints de se réfugier dans leur capitale ils y sont assiégés et finissent par capituler ( une sortie dirigée par leur chef Adiatuanos a même lieu pendant les pourparlers) .

Après cette première victoire,Crassus marche sur les terres des Vocates ( pays de Bazas) avant de descendre vers le pays des Tarusates .
Les Aquitains, prévenus de la chute rapide de leurs voisins, se coalisent et rassemblent des troupes, sollicitent le concours des états espagnols, et se préparent à la résistance pour éviter que l'ennemi atteigne les terres fertiles au Sud de l'Adour. Au vu de la prise rapide de Sos, selon César, ils renoncent aàsoutenir de nouveaux sièges et adoptent la tactique des camps fortifiés depuis lesquels des courses sont organisées pour intercepter les vivres. Et, c'est sans doute dans un de ces camps qu'ils se rassemblent. Ils sont bientôt 50 000.

Crassus, en infériorité numérique, déide d'attaquer au plus vite et se met en ordre de bataille. Les Aquitains refusant le combat, les romains assaillent le camp où l'ennemi est regroupés et retranché. Ayant repéré une faiblesse de la fortification à l'arrière du camp qui offre sur ce point un accès facile, Crassus y envoie sa cavalerie et quatre cohortes toutes fraîches, en faisant un long détour, pour dérober leur marche. Les romains forcent alors l'entrée et pénètrent dans le camp par surprise. C 'est alors la déroute des Aquitains qui fuient.

En rase campagne la cavalerie romaine écrase les fuyards. A la nuit de ce dernier combat César précise que seul un quart des 50 000 ennemis en réchappe. Ce qui suppose 35000 morts !!!



Au bruit de cette défaite, la plus grande partie de l'Aquitanie se rend à Crassus, et envoie d'elle-même des otages. De ce nombre sont les Tarbelles(Dax), les Bigerrions ( Bigorre?), les Ptianes (Orthez?), les Vocates(Bazas), les Tarusates(Aire), les Elusates (Eauze), les Gates ( ?), les Ausques (Auch), les Garunni ( haute vallée de la Garonne), les Sibuzates( Saubusse?), et les Cocosates (entre Lesperon et Sindères?) Quelques états éloignés se fiant sur la saison avancée, négligent d'en faire autant

C'est cette seconde bataille qui acheva la conquête et la soumission de l'Aquitaine par les romains. Commença alors l'occupation (Certains auteurs précisent que quatre cohortes occupèrent le pays des Tarbelles et six celui des Cocosates, entre 56 et 27 avant JC)



Tout cela se passa à la fin de l'été de l'an 56 avant J.C mais où exactement ?


Le lieu de ce dernier combat n'est toujours pas déterminé. Plusieurs auteurs distingués se sont cassé les dents sur l' affaire, parfois avec passion, prêts à en venir aux mains pour soutenir des versions contradictoires .



Toute le problème découle de la difficulté de localiser avec certitude le peuple des Tarusates. Malgré l'apparente parenté avec Tartas (qui n'existait pas au temp de la conquête romaine), les historiens ont tendance à les situer au bord de l'Adour et les identifient avec les futurs Aturenses à Aire sur l'Adour, en tout cas dans le Tursan.

L’hypothèse d'Aire sur l’Adour (Atura), semble pouvoir s appuyer sur la topographie du site qui permet le positionnement des adversaires et les manœuvres de Crassus pendant la bataille tels que décrits par César. Les partisans de cette option ( Samazeuilh - Sorbets) évoquent la mémoire collective qui a gardé des traces qui se traduisent dans la toponymie des lieux qui jouxtent l’endroit supposé où se livra la bataille.Ainsi, sur la colline appelée Bois de Cazamon, à l'Est, était une enceinte circulaire entourée de fossés. Tout près se trouvait un poste appelé Castra de Cesar. En arrière se trouvait également le tuc de Mireloup. Enfin, à l' ouest, la hauteur de Lasserre appelée camp de Pompee. Au centre, l'oppidum Tarusatium fortifié sur le plateau ( emplacement de l'église du Mas) devenu Civitas Aturensium puis Vicus Julii. Reste cependant à déterminer la destination de chacun de ces lieux. Aucune découverte de vestiges probants ne permet de corroborer ces affirmations

D'autres auteurs (Tauzin) répliquent que César évoque deux camps proches: le camp romain abritant 8 a 10 000 hommes, le camp aquitain bien plus étendu puisque renfermant 50 000 hommes. De plus, ces camps doivent etre proches d'un grands espace découvert (apertissimis campis) ou la cavalerie romaine poursuivit les vaincus ( fines rapproché du mot apertissimis campis du commentaire de César indique que la bataille a été livrée dans un vaste pays découvert)
Par ailleurs César ne fait aucune allusion à l'Adour qui coule au pied d'Aire
Les Aquitains ayant renoncé a se défendre dans leur oppidum, Crassus ne les rencontra donc qu'ailleurs.

C'est pourquoi l'abbé Tauzin, excluant que la bataille ait eu lieu à Aire, opte pour les hauteurs du village de Miramont-Sensacq (le camp des aquitains- il existe le tumulus dit Motte de Lamarcade, contenant cendres, ossements calcinés et poteries indiquant qu'un nombre important de corps y furent brûlés en même temps) et Sarron, entre Segos et St Agnet-entre les maisons L'hoste et Bourg Dieu -  (le camp des romains)

Sur cette même base, chaque historien la place sur un des multiples castra des collines bordant l Adour.( Cazères pour Tartière - Souprosse pour Fallue, …)

Dompnier de Sauviac place le lieu de la seconde bataille au castra de Saint Loubouer ou à celui de Samadet (chronique de la cité d' Acqs), bien que plus éloignées de la plaine.

Sorbets la situe dans un périmètre entre Cazaubon, Roquefort et Saint Cricq Marsan.

Camoreyt évoque une carte de Robert en 1753 où figure un rectangle indiquant un camp de César sur la rive droite de la Douze entre Cazaubon et Mauvezin.

Pour d'autres c'est aux environs de Geaune.

Le célèbre Camille Jullian, lui, place la bataille dans la plaine de Bégaar, le camp romain ( Apertissimis campins)sur un coteau de Tartas, et les ennemis sur la légère hauteur de Bégaar.

On patine dans la semoule !!

* A propos de l'endroit où Crassus rencontra les députes aquitains venus se soumettre, M Chaudruc de Crazannes ( Nouvelles considérations sur les sotiates - Recueil des travaux de la socieété d 'agriculture, sciences et arts d'Agen-Tome VI 1852).... évoque une ancienne tradition qui veut le situer sur l'emplacement du village de Lannepax qui offrait une vaste lande qui reçut le nom de Lanae pax ( la lande de la paix) qu'elle a conservé.



CAMPS "ROMAINS" OU PAS



VOIR
Un article plus détaillé
pour ceux que cela intéresse

essai de reconstitution ( extrait article de M. de Juncarot - Bull. Soc. de Borda- 1900)

Au sud des Landes, la Chalosse est une des plus riche région en ce que l'on appelle populairement "camps romains" ou "camps de César"(!), qui subsistent sous le nom de lieu-dits Castera. Castra, Castets ou Gouarde. De fait, un grand nombre de ces camps fortifiés n'ont cependant rien de romain. Beaucoup semblent remonter aux temps préhistoriques ou protohistoriques . Certains chercheurs les attribuent cependant aux temps plus tardifs des Vascons et aux invasions barbares du VIe siècle.

Egalement, les lieux dits camp, tuc, pouy, motte, salle ..... évoquent souvent des hauteurs à vocation défensive. Malheureusement, leur origine sans doute plus tardive est la plupart du temps incertaine jusqu'aux temps féodaux.

Pour simplifier, les castras ou castéras primitifs seraient des postes militaires défensifs, les castets des lieux de refuges pour la population en temps de troubles, les gouardes et salles des postes d'observation, les mottes de petits châteaux seigneuriaux

.Les traces dans le paysage - Le castra de Gamarde


UN EXEMPLE


le camp du Mus à Doazit




 images: Ph.DUBEDOUT
 VOIR SON SITE POUR EN SAVOIR BEAUCOUP PLUS


vue du camp sur Google Earth
schéma - d'après Jean Dessis 1970 -


CAMPS ET TERTRES FORTIFIES REPERTORIES


Bien sûr beaucoup sont aujourd'hui réduits à l'état de traces plus ou moins repérables et visibles. Le paysage a changé depuis ! Aussi faut-il les évoquer avant que les temps modernes ne les effacent définitivement. Ouvrages de terre, souvent réutilisés,  ils peuvent cependant être des tertres préhistoriques, des camps gallo-romains ou postérieurs, parfois de simples mottes féodales.

Sources:
Inventaire des enceintes de France -Société Préhistorique Française-Tome XI n° 5-1914-
Cornac-Moncaut - Recherches sur les camps gaulois et les camps romains du Béarn - Bull Soc Arch de Tarn et Garonne I n°-12 1870 et II n°1 1872
Raymond Potier - recherches d'archéologie préhistoriques dans l'arrondissement de Dax Ibid II n° 9 1872
Ch. Chopinet - Etude sur les camps préhistoriques des Landes et Béarn - Revue de Comminges 1908




dessins des camps d'Amou et Souprosse





Camp peut-être, mais sans doute pas, romains.
Les spécialistes disent plutôt protohistoriques








Aire — deux camps sur les deux collines qui dominent la ville:
celui dit de César et celui dit de Pompée ( camps de la Tucolle de Mireloup et oppidum du Castéra).



Amou — camp de la Gouarde sur le plateau près de la ferme Cazalet.

Arengosse — camps de Bezaudun et Laraillet,  et tucs de Maureou, de Bergeron, de la Motte Vieille
Levées de terre et fossés, et les mottes du Tuc de Mouréou, du Tuc de Bergeron , du Tuc de la Vieille Motte


Les objets et matériaux découverts lors des prospections et sondages y attestent d'une occupation depuis l'époque de l'age du bronze et de l'époque antique jusqu'à la fin du  moyen age. Il reste d'importants ouvrages de terre utilisant le relief naturel de la bordure méridionale du plateau.dominant le Bez. Cet ensemble castral comporte deux mottes fossoyées ( une à la confluence de deux ruisseaux et l'autre à l' extrémité d'un plateau aménagé près de la maison de Mouréou), plusieurs plates-formes,et, plus à l'ouest,  une levée de terre orientée nord-sud.


Audignon — camp de Lassalle (?) plutot motte
Audon — camp de la butte de Morian (?)
Aurice  — camp des Romains
Baigts. — trois camps ( las Costes, métairie de Pouy - le-Moulia - et derrière l'église).
Bégaar. — camp-de-Bas.
Benquet — camp de Castets-Charlas 

Beylongue — camp du Tuc de Berny, au lieu-dit  Le Borgne.à Beylongue.





De forme ovale, il mesure cent soixante dix mètres sur cent trente. Le talus défensif du côté est domine de presque douze mètres le fond du fossé. Ce camp est complété tout autour par d' autres petits ouvrages défensifs ( Petit Coume, Laboy et le lieudit Lesgouarde sur la carte de Cassini)

Bonnegarde — camp du Castera (voir l'article par ailleurs)



Bougue — groupe de buttes au lieu-dit Castets (voir l'article tucs et mottes) 




Cambran -
Candresse. — lieux-dit Castera et Lassalle.
Carcen-Ponson — tertre artificiel au lieu-dit Sarrouilh,
Castets  — camp ou oppidum au lieu-dit Tuc d'ous Becuts
Castel-Sarrazin 
Cauna. — camp de Jean-Blanc
Clermont -  camp à côté de l'église ?
Dax  —  castras d’Arles, près du lieu de La Crouzade - de Mirepech à St-Paul - de Candresse - du Cap de la Roque à Tercis -

Doazit — camp du Mus (voir plus haut)

Donzacq. — camp du Pas-de-Saubot.
Duhort-Bachen — camp du Castera, près du hameau de Lahourtigue
Eyres. — camp de Casterot.
Gabarret. — camp du Bourneau.
Gailheres. — camp dans le quartier de Ricau

Gamarde — camp du Castera, dit de Crassus



Au nord ouest de Gamarde, sur le lieu-dit Le Castra, au bord du plateau dominant le Louts   se trouve le site d'un camp romain dit de Crassus, dont on devine ce qui reste les talus parapets et fossés sur le coté ouest de l'enceinte. La destruction du coté nord-est pour l'exploitation agricole a permis la découverte de tessons d'amphores et de céramiques attestant de l'occupation romaine. L'important parapet sud a été coupé en son milieu par une tranchée permettant l'accès à la métairie qui occupe le site
Du coté de la plaine, vers le nord-est,  à quelques 200m de l'enceinte, était un poste avancé formé par une gorge semi circulaire assez profonde entourant un petit plateau . La métairie qui l'occupe a conservé le nom de Gouardere (petite gouarde)

 Gamarde -lieudit Le Castra - chemin coupant le rempart de terre





Gaujacq — camp dans les jardins du château de Sourdis.

empreinte du site gallo-romain puis féodal de Gaujacq


Situé sur une plateforme  au sommet d'une colline dominant la confluence du Luy de Béarn et du Luy de France, le site fut successivement un camp retranché protohistorique , un castrum gallo-romain ( sans parler du peuplement  du supposé Gothiacum),  puis une vaste enceinte et forteresse médiévale de la famille des seigneurs  Caupenne au XIVe siècle.  Détruite, dit-on, pendant les guerres de la Fronde, il n'en reste seulement que  quelques vestiges de pan de muraille  et surtout des talus et fossés de douves qui l'entourent.
Au devant et au pied de ce site primitif aujourd'hui aménagé en jardins et plantarium , un nouveau château à été édifié au cours du XVIIe siècle par François de Sourdis lieutenant général des armées du roi Louis XIV





Habas. — camp de la Gouarde, lieu dit Sanguineda. et enceinte dite de Puyoo
                 camp de Moneigt ( Monein) - camp de la Salle du Bosc
Hagetmau  — camp du quartier de Lissandre, appelé Camgrand.
Hinx. — camp de Lous-Bire-Castets , appelé camp de César.
Larbey. — camp de Cam-de-Lous, près du Louts
.
Larriviere — camp de Saint Savin





Le site comporte d'importants retranchements, notamment du coté sud où sont de grands remparts et fossés profonds. Ce camp est, à l'est, séparé du plateau par un large fossé. Son entrée est défendue par une butte élevée en cône tronqué, séparée par un profond ravin. La présence de la bouche d'un puits indique que le lieu a été habité, et la chapelle édifiée au pied de la butte atteste l'existence d'une ancienne agglomération.

Lévignacq  — camp du Tuc de Lamothe
Losse. — camp, et autre au hameau de Lussole.
Lourquen. — camp de Casteron.
Meilhan  — lieu-dit La Gouarde
Maillères — camp de Menjous
Mimbaste -
Misson. — camp de Moneigt.
Montaut — camp de Casterot
Montgaillard. — camp du Castera et camp de Peyron.
Montsoué — camp
Montaut  — camp du village
Narosse — Les castras d'Arles

Nerbis — camp du Muy (voir article par ailleurs)

Parleboscq — Le Pouy
Peyre —  camp rectangulaire
Pomarez  — castéra
Pontonx. — camp de Balambits.
Rion-des-Landes — camp du Tuc de Pouytauzin.et de la lande  du Loc dou Bourg,
Rivière. — camp au château de la Roque
Saint-Agnet — castra
Saint-Loubouer — castra
Saint-Pandelon - castra

Saint-Sever — oppidum de Morlanne (voir article par ailleurs)
"Castrum Caesaris" devenu Palestrion, et les Castérots

Sainte-Colombe. — camp du Castera.et lieu-dit Jouarbe

Samadet — camp de La Mothe


dessins du camp de Samadet




+ voir étude très détaillée de M. de Juncarot dans le bulletin de la Société de Borda 1900 
+ étude de J.F Massie dans le bulletin de la Société de Borda 1961 



Sarron-Saint-Agnet. — le Casterot, ancien camp rectangulaire- et éminence dite Dous Tourons .
Saubusse -
Saugnac — camp de Cambran.
Serres-Gaston — castra
Soort - trois camps ?
Sorde — camp de Laroque
Sore. — camps jumeaux, appelés lous Castéras
Souprosse — camp dans le village
Soustons. — camp près du tuc de La Motte 
Vielle-Souhiran. — camp de Louslalot appelé la Motte romaine.
Villenave — camp de Mauvielle





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A propos des Tarbelles

Aquae Tarbellicae, le nom antique de la ville de Dax crée par les conquérants romains vers l’an 16 avant JC, signifie « Les eaux des Tarbelles », en référence au peuple qui habitait déjà la région.

Boudiou ! Cà date pas d’hier, comment le sait-on et qui étaient donc ces Tarbelles ?

Ce peuple est effectivement cité à plusieurs reprises dans les sources antiques latines ou grecques de l’époque impériale romaine.

Cette dénomination proviendrait, dit-on, du radical « tarb ou tarw » puis tarvos, qui signifierait alors petits taureaux, taurillons.  (Déjà fiers ou tauromaches !)

Le témoignage le plus ancien est celui Jules César (100 av JC- 44 av JC) qui le mentionne dans sa Guerre des Gaules (III, 27) à l’occasion du récit de la campagne victorieuse de Publius Crassus contre les Aquitains en 56 avant JC. Le peuple des Tarbelles y est le premier parmi les onze ayant envoyé des otages. « Hac audita pugna, maxima pars Aquitaniae sese Crasso dedidit obsidesque ultro misit; quo in numero fuerunt Tarbelli … »


Dans ses Elégies (Livre I), le poète Tibulle (54 av JC- 19 av JC) cite les Pyrénées des Tarbelles comme témoins des prouesses du proconsul Valerius Messalla à l’occasion de son triomphe à Rome après la victoire sur les peuples révoltés d’Aquitaine, dont les Tarbelles et leur capitale (An 27 av JC).

L’auteur grec Strabon (60 av JC –20) mentionne dans sa Géographie (Livre IV) que les Tarbelles qui occupaient les bords du golfe d’Aquitaine avaient dans leur territoire « les mines d’or les plus importantes qu’il y ait en Gaule » dont le torque d’or découvert à Uchacq est le rare vestige.

Plus tard, Pline l’Ancien (23-79), dans son encyclopédie Histoire naturelle (livre IV) mentionne les Tarbelles parmi les peuples de l’Aquitaine, en leur accolant le qualificatif de « Quatuor Signani »

Ce même qualificatif se retrouve sur une inscription funéraire de la fin du Ier siècle découverte au XIXe siècle aux environs de Sagunto en Espagne, et depuis perdue, qui comportait une épitaphe au nom d’un citoyen romain, L. VALERIVS MVNTANVS TARBELLVS IIII S[ig] NANVS, ainsi qualifié d’origine Tarbelle.

Ce surnom signifiant « quatre étendards, ou enseignes » suggère aux historiens que les Tarbelles furent constitués, après la conquête romaine, en une confédération de quatre tribus dispersées entre les Pyrénées et la Leyre, par le rattachement de trois communautés à celle des Aquenses établis autour de Dax.

Le poète latin Lucain (39-65), dans son épopée dite la Pharsale (Livre I), évoque l’Adour, rivière du pays des Tarbelles : « ripas Aturi, quo littore curvo molliter admissum claudit Tarbellicae aequor »

 

Mais, en fait, on ne connait pas grand-chose de plus, même pratiquement rien, de leur histoire avant la conquête romaine et leur intégration à la province de la Gaule aquitaine

Aussi, depuis le XIXe siècle et jusqu’aujourd’hui, les spécialistes de la chose antique se disputent les interprétations divergentes des textes anciens. Et, malheureusement, faute de vestiges avérés, les données archéologiques ne confortent pratiquement aucune des théories avancées.

Certains auteurs en ont fait un peuple d'origine ibère, tandis que d'autres en ont fait un peuple celtique, ou, à tout le moins celtibère. Il semble pourtant qu'il soit plus simplement un peuple d'authentiques racines aquitaines, issu du second âge du fer, et bien distinct des gaulois.


Des multiples études savantes et des controverses il résulte que leur territoire s’étendait entre les Pyrénées, la côte Atlantique, et les vallées de l’Adour et des Gaves, comprenant ainsi La Basse-Navarre, la Soule, Le Labourd, et le sud des Landes (Maremne, pays de Gosse, pays d’Orthe, et Chalosse). Leurs voisins étaient les Aturenses à l’est autour d’Aire, les Cocosates au nord (Marensin, Brassenx) … et les Vascons au sud.

 

Anciennement établis, ces Tarbelles étaient au Ier siècle avant JC considérés par les romains comme le peuple le plus puissant de la région. Ils dominaient leurs voisins Cocosates des Landes centrales (que Pline qualifie de sexignani, regroupant six enseignes ou tribus, donc plus que les Trbelles), les Aturenses de l'Adour moyen, les éventuels Tarusates de la vallée de la Midouze, les Sibusates de l'Adour inférieur, les Iluronenses du gave d'Oloron, et les Beneharni du gave de Pau.

Leur territoire aurait été cependant démembré, sous le Haut Empire, des deux derniers, pour ne conserver que la partie allant de Dax à Bayonne

 




Leur capitale était située au lieu de la future cité de Dax qui commandait le franchissement de l'Adour sur la route vers l'Espagne. la tradition y place à l'origine une cité palustre sur pilotis dans les marais au pied du Pouy d'Eauzeet autour de la source d'eau chaude. Le site était alors entouré d'une ceinture de coteaux où l'on retrouve plus tard une série de camps fortifiés tels les castras d'Arles à Narrosse, Candresse, Bignès ou la Roque à Tercis, Bire-Castet à Hinx

Ce peuple était également dispersé autour des nombreux casteras de la région, tels ceux de Morlanne à Saint-Sever, Nerbis, Gamarde, Montsoué, ou l'enceinte du Mus à Doazir, attribués aux IIèmes et Ier siècles avant JC.


Au cours du IIIème siècle, la petite ville romaine des Tarbelles, honorée de la qualification d'Auguste - Aquae Augusta- devint la métropole de la cité portant son nom -Civitas Aquensium - cité des habitants d'Aquae.

 

Plus de trois siècles après la conquête, les Aquitains primitifs et ibériques du sud éprouvèrent la nécessité de faire reconnaître leur identité commune, leur appartenance à une même communauté ethnique, géographique, linguistique, et culturelle. Une stèle de marbre découverte à Hasparren, et visible sur le mur sud de l’église, gravée d’une inscription latine du début du IVe siècle, le confirme. Elle stipule qu’ils avaient obtenu de l’empereur romain de conserver leur autonomie et d’être séparés des Gaulois celtes (comme ceux du Bordelais) lors de la création, par l’administration romaine du Bas Empire, au début du IIIe siècle, de la nouvelle province de Novempopulanie, le pays des neuf peuples, avec Eauze pour capitale, à laquelle la cité d’Aquae Augusta fut intégrée.

 



la pierre d'Hasparren


Finalement, les Tarbelles, plus ou moins romanisés, disparurent avec les invasions barbares et la chute de l’Empire, l’installation des Wisigoths puis des Francs. Les voisins Vascons de Navarre ou d’Aragon ayant alors pris une place prépondérante au nord des Pyrénées, la tutelle franque créa au début du VIIe siècle une Vasconie citérieure, puis un duché de Vasconie qui se substituèrent à la Novempopulanie.



vestiges d'Aquae Augusta au IVème siècle

  

L’auteur et poète de langue latine Ausone (310-395) était le petit-fils d'Aemilia Corinthia Maura, d'origine tarbelle, peut-être née à Dax, ayant épousé un Arborius, Eduen (Autun), gaulois celtique, exilé et réfugié ici lors de la période anarchique des empereurs des Gaules Victorinus et Tetricus (260-274). Cette grand-mère était nommée Maura en raison de son teint brun, une première Dacquoise à l’œil noir ! 

DES TRESORS !.




A coté des richesses archéologiques résultant de fouilles, un trésor correspond à la découverte fortuite de monnaies ou d'objets de valeur accumulés et dissimulés ou perdus. Ainsi, plusieurs trésors monétaires, enfouis probablement au cours des premiers siècles, ont été découverts dans le sol landais, constituant un héritage culturel et un témoignage de l'occupation du pays par nos lointains ancêtres.

LE TRESOR DE LALUQUE

En mai 1877, un ouvrier terrassier a trouvé près du bourg, au quartier de Cos (où se serait trouvée, d’après l’historien Dufourcet, l’ancienne station de Mosconum cité au IIe siècle par l’Itinéraire d’Antonin, sur l’ancienne voie romaine), un vase contenant un trésor d’environ 180 pièces de monnaie romaines en argent.

Certaines ayant été vite dispersées, Émile Taillebois a décrit le reste composé de 120 pièces d’argent se subdivisant en 57 monnaies de la République consulaire (— 200 à 425 avant J.C) et 63 monnaies impériales d’Auguste, Tibère, Néron, Drusus, Caligula, et la plus récente de Claude Ier (41 à 54 après J.C).

E. TAILLEBOIS — Recherche sur la Numismatique de la Novempopulanie — Bull, Soc Borda-T. IX-1884 — p247.
 
E. TAILLEBOIS - Recherches sur la Numismatique de la Novempopulanie - Bull, Soc Borda-T.IX-1884 -p247


LE TRESOR DE DONZACQ

En 1866, en défrichant une lande, des ouvriers ont fait une trouvaille, au lieu-dit Pas-de-Saubot, à un carrefour de chemin sur un point culminant où fut un camp romain. Sous une souche, un pot de terre fermé par une boule de terre glaise contenait environ 1 200 monnaies romaines d’argent ou petit bronze, des II et IIIe siècles, depuis Septime Sévère frappée en 195 jusqu’à Aurélien. Les pièces les plus nombreuses étaient de l’époque de Gallien. Les autres étaient de Lulie, fille de Titus, Macrin, Pupien, Hostilien, Émilien, Marius Macrien jeune et Cornélia Supera. Il y avait aussi deux moyens bronzes de Néron et de Trajan et une dizaine de bijoux et parures d’argent en mauvais argent qui ont été considérés comme d’origine vandale. Le tout était enveloppé dans un linge en grosse toile, et enfoui vers 270-275 à l’occasion des invasions barbares.

Les bijoux se composaient de deux bagues, dont une contenant une intaille en onyx, représentant un guerrier casqué et armé d’un bouclier (Mars ?), deux boucles d’oreilles, deux fibules, trois bracelets et une chaîne, le tour en mauvais argent. Les archéologues les considèrent comme des objets typiquement locaux.

Ce petit trésor a été dispersé et vendu à des particuliers et des collectionneurs. à l’exception de quelques pièces acquises par le Musée des Antiquités Nationales et par le musée de Toulouse
 


M. FEUGERE -Le trésor de Donzacq - Aquitania, tome 3 -1985-


bijoux de Donzacq

E. TAILLEBOIS - Description de 37 Monnaies Romaines en argent provenant de la trouvaille de Donzacq -Bull, Soc Borda-T. VII-1882- E. TAILLEBOIS - Recherches sur les bijoux Vandales en mauvais argent de Donzacq et du Leuy -Bull, Soc Borda-T. VI-1881-

LE TRESOR DU LEUY

En octobre 1878, commune de Le Leuy, près de la ferme de Coucouse, qui n’existe plus (Coequosa de l’Itinéraire d’Antonin ?), un paysan qui creusait un fossé pour planter des châtaigniers trouva à 70 cm de profondeur, deux vases en terre cuite contenant environ sept kilos et demi de petits bronzes et de monnaies en cuivre, une fibule et deux bracelets en bas argent. Les monnaies, bientôt vendues et dispersées, étaient probablement au nombre de 3 000 ou 4 000. Les 279 pièces qui ont pu être examinées étaient réparties entre vingt-deux empereurs et impératrices depuis Alexandre Sévère jusqu’à Aurélien. (Il y avait 108 pièces de Gallien.) L’enfouissement a dû avoir lieu sous Aurélien entre 270 et 275.
E. TAILLEBOIS - La vérité sur le Trésor du Leuy- Bull.Soc.Borda-T III-1878-
E. TAILLEBOIS - Un dernier mot sur le Trésor du Leuy - Bull, Soc.Borda -T IV-1879-


LE TRESOR D'EYRES-MONCUBE

Découverte vers 1844 (lieu incertain) d’un vase d’argent contenant 250 monnaies d » argent en mauvais état, attribuées aux Tarusates, et une fibule d’argent attachée à une longue chaînette, également en argent. Dispersées, seule une dizaine étaient encore au Cabinet des Médailles de la BN en 1889. Le vase aurait été fondu et vendu au poids par le découvreur, alors qu’il figure dans le catalogue du musée des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye en 1874 (?)
M DE LONGPERIER - Revue Archéologique-1884-1885 -
E. TAILLEBOIS - Recherches sur la Numismatique de la Novempopulanie - Bull, Soc Borda-T.XIV-1889 -p 122-


LE TRESOR DE POYARTIN

En 1866, un trésor fut découvert par des ouvriers défricheurs dans un pot de terre fermé par de la glaise placée sous une souche de châtaigner : 1200 pièces de monnaie romaines et des bijoux dont une partie est exposée au Musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye.
En 1889 on découvrit une monnaie en bronze à l’effigie d’Adrien au jardin du presbytère.

LE TRESOR DE PUJO LE PLAN

Découverte fortuite en 1977, à la limite des communes de Bougue et de Pujo le Plan, à l’occasion de travaux agricoles au lieu-dit Branquet, d’un important trésor monétaire antique. Il comprenait plusieurs milliers (13 000) de pièces datées de la deuxième moitié du IIIe siècle, frappées sous les empereurs Tetricus, Claude II, Postume, Valérien, Probus, et Gallien. Il est probable que le propriétaire d’une villa gallo-romaine des alentours ait voulu préserver sa fortune lors de la première invasion alamane et franque en Aquitaine. Malheureusement, le tout était en mauvais état et aggloméré par l’oxyde. Une partie a été acquise par le Musée de Mont-de-Marsan.


 


source photo: Archéolandes


LE TRESOR DE PONTENX

En novembre 1885, en nivelant le jardin de l'école du quartier de la Fontaine d'Or, la bien nommée, des ouvriers trouvèrent un chaudron en bronze contenant 4116 pièces d'argent oxydé et 45 pièces d'or que la commune se fit restituer (le produit de la vente a participé au financement de la construction de la nouvelle école).



le chaudron de la Fontaine d'Or de Pontenx

Les pièces d’or étaient de Charles V, Charles VI, rois de France, Édouard III, Henri IV, Henri V, rois d’Angleterre. Les pièces d’argent étaient de Édouard, le Prince Noir, Richard II (930 pièces), Henri IV (3190pièces), rois d’Angleterre, et même deux pièces de Raimond IV prince d’Orange, une du pape Urbain V, et une de la ville de Lübeck. L’étude des pièces a permis d’estimer l’enfouissement autour de 1415. Les plus anciennes à l’effigie d’Édouard III (1327-1377), et la plus récente de Henri V (1413-1422).
 
E.TAILLEBOIS - La Fontaine d'Or, découverte à Pontenx-les-Forges -.Bull, Soc Borda-T.XI-1886-


LE TRESOR DE GOURBERA

En 1985, à l’occasion de travaux de terrassement, est découverte au lieu-dit Gouadet, six cent vingt monnaies de bronze contenues dans une céramique. Ces monnaies romaines datent du Bas-Empire (entre 308 et 335).



CASTELNAU-CHALOSSE - Découverte en 1860, dans une lande, du trésor de Gibret. Un pot contenant 7 à 800 pièces aux effigies de Gordien et d'Antonin et des bijoux.

CAZERES SUR ADOUR- En novembre 1894, on a trouvé un vase renfermant deux bracelets, deux boucles d'oreille, une bague et une douzaine de monnaies en argent de Valentinien, de Gratien et de Theodose.

Trouvaille en 1882 de quatre vingt dix monnaies en argent du Moyen-age ( acquises par le Musée de Pau) dont des deniers de Jean 1er et Gaston X de Foix, vicomtes de Béarn, des pièces de Charles le Mauvais, Edouard III et Henri IV, rois d'Angleterre, des rois de Navarre, etc ...


GOUTS - Trésor du site de Coucouse, et d'autres monnaies découvertes sur le site du Gliziaou.


MORCENX - En 1851 un ouvrier découvrit, enfoui au pied du mur de l’ancienne église disparue de Morcenx (bourg), un pot de terre qui contenait environ 140 pièces d’or du XIVe siècle (monnaies de Charles V — Prince Noir — Pierre le cruel…) qui aurait été cachée là, vers 1366, par des compagnons de Pierre le cruel, le roi de Castille en fuite, venant de Bayonne pour rejoindre Bordeaux et solliciter l’aide des Anglais.

LABOUHEYRE
Le 29 décembre 1898, à l’occasion du creusement d’un fossé sur l’emplacement d’un bâtiment ancien détruit, on découvrit, enfoui sous une pierre, dans une cachette aménagée, un trésor de 276 pièces d’or (dont 120 de Philippe VI de Valois — 51 de Pierre le cruel — 35 de Jean II le Bon — 8 de Charles V —. du prince de Galles dit le Prince Noir…)  Ce trésor aurait donc été enfoui, à la même époque et sur le même chemin que celui de Morcenx.

LIPOSTHEY - Un petit trésor monétaire a été découvert à la fin du XIXème siècle au lieu-dit Citran, composé de huit pièces en or du Haut Empire, puis, en 1851, au même endroit un aureus d'or de Trajan.

MOMUY - En 1856, on découvrit un vase en terre contenant 3.000 ou 4.000 petites monnaies en bronze de l'époque de Gallien, dispersées avant d'avoir été étudiées.

PISSOS - Selon la tradition locale, plusieurs trouvailles d'anciennes monnaies seraient intervenus dans les dunes de la lande de Citran au début du XIXe siècle (pièces d'or, médailles romaines du Haut-Empire), puis en 1851 l'exhumation d'un aureus de Trajan, et en 1875 la mise à jour d'un vase de terre cuite contenant des monnaies plus récentes, comme un denier en argent frappé à Morlass vers la fin du XIIe siècle sous le comte Centulle IV. 

POMAREZ - En mars 1892 un métayer a découvert, sur le revers d'une route au lieu-dit Lataste, Tastet ou Tastoa, dans les débris d'un vase en terre, un trésor de 400 monnaies gauloises d'argent agglomérées en un paquet oxydé, attribuées au peuple des Tarbelles.




PRECHACQ - Découverte en 1881, au lieu-dit Petit Hournet, d'environ deux cents pièces d'argent, de billon et de cuivre, de Louis XIV et Louis XV, renfermées dans un pot de terre qui a été brisé.

SAINT VINCENT DE PAUL - Découverte en 1910 , au lieu-dit le Pouy, à l'occasion de l'arrachage d'un taillis, de 63 monnaies romaines de bronze, de Vespasien, Commode et Septime Sévère.

UCHACQ - En 1927, en arrachant un chêne, un métayer à découvert un collier — ou torque — d’or jaune clair. D’abord considéré comme un objet franc ou wisigoth datant du Ve siècle, il apparut qu’il était celte et correspondrait à l’époque de l’invasion des Ibères à la fin du premier âge du fer dans les années 300 av. J.-C.



torque d'Uchacq au Musée d'Aquitaine.

Un autre a été découvert en 1964 à Bélis dans un tertre funéraire


SANGUINET
- En avril 2000, un plongeur a découvert dans la vase sous les eaux du lac, sur le site gallo-romain de Losa, un vase de céramique contenant plus de 170 monnaies de bronze du IVe siècle, dont l’essentiel à l’effigie de Constantin le Grand. La plus ancienne est une pièce de Gallien, de la fin du IIIe siècle.



SEYRESSE-OEYRELEUY - Vers 1860, des enfants ont découvert dans un talus de la lande dite de l'Hippodrome, une trentaine de kilos de pièces de monnaie romaine en bronze, de l'époque de Gallien, qui furent dispersés avant d'avoir été étudiées.

MOUSTEY On découvrit en 1855, dans une prairie, au lieu dit hameau du Berdoy,  un pot de terre contenant environ 700 monnaies allant du règne de Gallien à la Tetrarchie (Constance Chlore). Plusieurs autres monnaies ont été découvertes en 1988 à l'occasion de la restauration de l'église Notre-Dame.

COMMENSACQ Un petit ensemble de onze monnaies romaines a été découvert en décembre 2005, à faible profondeur dans un labour forestier au lieu dit Basquesserre. On retira un denier d'or à l'effigie de Neron, un sesterce à l'effigie d'Hadrien, et neuf deniers aux effigies de Vespasien, Domitien Trajan et Hadrien



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En 2010, des chercheurs détecteurs munis de leur "poêle à frire" ont mis au jour 200 pièces de monnaie de cuivre du XVIe au XVIII e siècle, dans un champ de la commune de Cachen


photo J.M. Tinarrage - Amicale de détection Landes Gascogne




LES TRESORS LEGENDAIRES


Près de l’ancien port de Capbreton, existait une commanderie-hôpital des chevaliers du Temple, puis de ceux de Saint-Jean de Jérusalem, connue sous le nom de Bouret, au centre du bourg, aujourd’hui disparue, dont les derniers vestiges ont été démolis en 1920. La légende populaire veut qu’un trésor ait été dissimulé dans des souterrains du bâtiment lors de l’abolition de l’Ordre et du supplice du Grand Maître Jacques de Molay en 1312. La mémoire locale a conservé le nom de « Templiers » à une portion de cette rue. Selon la tradition orale, des souterrains reliaient jadis cette commanderie à la chapelle du port du Bouret. Robert Charroux, écrivain et président du Club des Chercheurs des Trésors, dans son Inventaire de deux cent cinquante plus grands trésors identifiés en France, mentionne le trésor de la commanderie des Templiers de Capbreton qu’il a catalogué sous le numéro 28. Des radiesthésistes se sont évertués à détecter ce trésor. En vain !

De même, un veau d’or datant approximativement de l’occupation romaine serait enfoui dans la lande, près de Peyre-Longue, au voisinage de Dax.

Au XIXe siècle, des radiesthésistes ont « ressenti la présence » (!!) d’un trésor en or dans les souterrains du vieux château de Tilh. La tradition, elle, évoquait un dépôt gardé par une vouivre !



Plus fort encore :
Aux Friques, près du village de Castets un trésor est enfoui au fond d’une excavation dont le souterrain est ouvert par le diable gardien du trésor, quand la procession sort de l’église le jour des Rameaux, et qui se referme aussitôt qu’est ouverte la porte, quand le prêtre y a frappé trois coups. Celui qui se présente alors peut entrer et prendre le trésor ; mais s’il n’a pas terminé sa besogne quand s’ouvre la porte de l’église, il reste prisonnier du diable qui le garde avec lui ». (Congrès archéologique de France LVe session, 1888)